1.14.2014

Des Oloé en forme d'îlots, pour Anne Savelli


Avant de connaître les Oloé je filmais des îlots — espaces où lire dans la ville, ce jeu de piste, que la littérature imprègne encore davantage depuis Anne — ses espaces élastiques. 
Ecrire par lieux.
Où se faire une place, à soi.
Telle page, dans tel décor, sur ton passage.
Puisque lire et écrire parfois se confondent.
Lors d'un échange de Vases Communicants, j'ai écris pour Anne ce bouquet d'Oloé que je redonne ici. En la remerciant au passage pour ce mot-concept, ce cadeau.











Vent l’auvent par intermittence claque comme une voile un drapeau tu retiens chaque page calé dans l’ombre né-cessaire c’est août l’air est brûlant presque aucune voiture sur le boulevard de longues plages de silence tu ne lèves pas la tête du petit format au milieu le bandeau de portraits poésie dans la rue c’est plutôt rare.


En septembre trafic aura repris les piétons des étudiants nombreux les véhicules qui croisent au carrefour derrière la vitre du café tu apparais le temps du passage du bus sous son ombrage c’est histoire de reflet ainsi que tu lises et quoi nul n’aura le temps de s’en rendre compte te voilà à nouveau effacée repartie de l’autre côté.

Même si tu t’écartes tu prends du champ choisis la vue le banc les feuilles des arbres tout l’entourage se prête enveloppe ta lecture d’une lumière idéale mais quand passent les jeunes filles difficile de pas les regarder tu restes le nez en l’air longtemps derrière chacune.

Il faisait froid personne sur les bancs sauf elle en rouge évidente me suis mise à trembler devant elle rouge dans le froid seule de quel lieu est-elle en ce moment captive ou si c’est pour quelqu’un qui viendra tout à l’heure ou si elle me surprend à l’observer personne n’est venu et nous sommes restées chacune d’un côté de la grille et elle ne m’a pas vue.

Entrer dans l’espace déplié des pages parmi les bruits claquements de métal des machines à café plateaux empilés les voix surtout font une basse continue avec quelques éclats c’est le chant d’une cité un chœur de Suppliantes pour ton ouvrage quand tu ouvres la bouche égrènes parmi les autres ta parole je ne vois que tes lèvres qui bougent que sais-tu des bibliothèques antiques lieux de rumeurs et de bourdonnements.

De toi je ne sais rien je devine seulement la carrure un peu lourde reposée un livre dans une main l’autre sur le genou je ne sais rien que ce tee-shirt sali je t’ai trouvé de dos auprès d’une fontaine rien je te prête l’histoire d’un qui seul et seul a le temps de et regarde quand même sa montre sous les lierres auprès d’une fontaine dans l’endroit retranché du jardin.

Tu tournes ils surgissent arrivent en bout de course tu tournes pour un train qui part toutes les trois minutes tu tournes en moyenne impassible une page toutes les trois minutes pour le temps qui défile pour un train sur le quai tu tournes pour qu’ils arrivent encore et repartent au suivant tu tournes la suivante un froissement d’air un rien les ventiles les voilà repartis pfuitt en allés.



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