Je
marche sur des bosses mais ne saute pas de rocher en rocher. Ici il en meurt
pour un bout d’ongle, un pouce-quelque-chose, qui te pêche, te bascule dans les
trous aveugles de l’eau.
4.18.2016
3.15.2016
53 j’ai pris de la distance
J'ai pris de la distance, acheté des jumelles, connu un couple de pinsons (lui orangé, elle grise), appris plusieurs sortes de feu dont l’indien qui prend à partir d’une brindille, planté, déplanté, replanté, aucune évidence qui dure.
3.09.2016
52 les sifflements d'une tourmente
Les
sifflements d’une tourmente, nous dedans, point de vue qu’on ne peut pas
décaler.
1.19.2016
DROP
Tu te cales dans le train presque entièrement vide
les arbres resserrés, frileux, deux hommes dans les rangées de betteraves, personne
devant la yourte ni autour de la longue caravane
ballast et ballon
feu clignotant
un flocon de neige gravé sur la vitre SECURITE
terreuse la lumière
on se prépare à entrer dans quelque chose qui ressemble
à l'engourdissement
tête basculée, les yeux clos
dormeur devant paysage épuisé
fait et refait, sur-fabriqué
fagots de branches, botte de troncs
tressautement caractéristique du changement de voie
on trouve aussi brassée, brande, fagotin, faisceau quand on cherche après coup
ses mots
pourtant tout continue droit, passe devant : gare de marchandises
frôle : Hébergement de Paris Saint-Lazare
Poste B
répète
phrase après phrase
ce qui se meut devant tes yeux
même s'il s'agit d'avancer
dans un labyrinthe
d'écrire avec ce que tu ne sais pas
encore
un cheminot seul, au milieu des rails
veste fluorescente
drapeau rouge dans une main
comme dans un vieux film
communiste.
1.02.2016
Navette

Le
défilement
est
un objet que tu fabriques
pendant
que le train découpe ton passé
en
tranches
relie
deux espaces impossibles à
rapprocher
navette : mouvement
de va-et-vient dans la largeur du tissu
pièce mobile du métier à tisser ou
pièce mobile du métier à tisser ou
récipient
allongé en forme de nef
engin
destiné à assurer une liaison entre la terre et les stations
orbitales
il
n'y a pas de continuité
tu
reviens chaque fois au début, tu demandes
si
ce trajet qu'elle fait est un peu à elle
(l'endroit
avec des serres
le
genre de paysage qu'il y avait quand elle était petite)
les
tours, comme des îlots dans la campagne
elle
passe dans plein de paysages différents
quand
elle sort elle se sent un peu en vacances
et
un peu nulle
part
ça
la vexe quand elle se perd
dentelle
où le vide s'empare de la matière
frivolité
qui consiste à lier des fils, à faire des nœuds en additionnant
des
jours
en
Angleterre, dit-elle, on les appelle commutters
les
banlieusards
elle
regarde le soleil
il
y a bien un moment où elle va tomber sur un truc qui correspond à
son plan.Pas un mot, pas une parole
Pas un
mot, pas une parole
des
V griffés sur le tombant de la fenêtre
une
sorte de falaise, le silence est profond et
le
monde retranché au loin
derrière
des clôtures, des buttes, des fossés
que tu
bordes seulement car
longer
est une tolérance
nulle
traversée qui tienne
chaque
ligne t'arrête, chaque arête délimite un espace
où
circuler
un
couloir entre
les
pierres taillées des trottoirs
tirées
des carrières
tu
regardes, sans rien saisir d'autre
le
revêtement mince
les
pelouses superficielles
les
villes semées sur
les
plaines
où ils
chassaient l'oiseau d'eau
les
carrières converties en étangs de pêche
le
paysage tout entier remonté
à la
surface et
les
hommes comme des bouchons de liège
spectateurs
ballotés aux fenêtres
piétons
s'esquivant sans savoir
s'arrêter
la
violence du train croisé dans l'autre sens
a mordu
contre la vitre
tu te recules tu tiens
à conserver
ta ligne
de
flottaison.
Inscription à :
Articles (Atom)

