3.31.2014

le rêve et le document #4


Jour 11
Acheté deux pirogues sur campement nomade. 

collage : Mathilde Roux (détail)







3.25.2014

le rêve et le document #3


Jour 10
Incohérence des cartes. Très loin de nos mesures fixes.
Plus nous longeons le rivage plus il paraît se déplier, déployer des replis, que nous parcourons inlassablement. Quelque chose s’écarte, avec le paysage, quand nous avançons.
À moins que nous soyons terriblement fatigués et subissions, sans nous en rendre compte, quelques troubles de la perception. 

Collage : Mathilde Roux (détail)

3.18.2014

“Les Yeux fermés, les yeux ouverts” - lieux du passage











Le passage est ce qui reste, une phrase source pour “Les yeux fermés, les yeux ouverts”. 
Le passage, c'est aussi la question des photographies de Francesca Woodman. Nécessité de garder trace de soi, du corps en mouvement. De se tenir dans ce moment, entre effacement et rémanence, par la photographie. 
Ses images, très fortes, sont en amont du travail. 

Dans le récit qui s'est échafaudé par associations d'éléments, je suivais aussi une autre piste. Un paysage, par lequel je suis entrée dans le récit. 
Le long de l'autoroute A13, centrale de Porcheville, un virage en bord de Seine, la falaise, la voie de chemin de fer. Tout ici est affaire de traversée. On ne s'y arrête pas, d'habitude. 
Il me fallait trouver un accès pour y entrer. Aller y poser le regard. Marcher entre Seine et rail. Passer sur et sous l'autoroute. 
Dans ces bordures j'ai pris quantité de photos, à pied, en voiture.

26 de ces images seront glissées dans les 26 tirages de tête de l'édition, avec une carte du lieu au verso. Ce faisant, il me semble redonner au texte une pièce précieuse - ce que, dans la profondeur du travail, et qui relève de l'expérience qu'on en fait, on enfouit.


« Les yeux fermés, les yeux ouverts » est sorti cette semaine aux Editions du Chemin de Fer. Je serai présente au salon du livre, samedi 22, à partir de 17 heures.







“Les Yeux fermés, les yeux ouverts” - lieux du passage











Le passage est ce qui reste, une phrase source pour “Les yeux fermés, les yeux ouverts”. 
Le passage, c'est aussi la question des photographies de Francesca Woodman. Nécessité de garder trace de soi, du corps en mouvement. De se tenir dans ce moment, entre effacement et rémanence, par la photographie. 
Ses images, très fortes, sont en amont du travail. 

Dans le récit qui s'est échafaudé par associations d'éléments, je suivais aussi une autre piste. Un paysage, par lequel je suis entrée dans le récit. 
Le long de l'autoroute A13, centrale de Porcheville, un virage en bord de Seine, la falaise, la voie de chemin de fer. Tout ici est affaire de traversée. On ne s'y arrête pas, d'habitude. 
Il me fallait trouver un accès pour y entrer. Aller y poser le regard. Marcher entre Seine et rail. Passer sur et sous l'autoroute. 
Dans ces bordures j'ai pris quantité de photos, à pied, en voiture.

26 de ces images seront glissées dans les 26 tirages de tête de l'édition, avec une carte du lieu au verso. Ce faisant, il me semble redonner au texte une pièce précieuse - ce que, dans la profondeur du travail, et qui relève de l'expérience qu'on en fait, on enfouit.


« Les yeux fermés, les yeux ouverts » est sorti cette semaine aux Editions du Chemin de Fer. Je serai présente au salon du livre, samedi 22, à partir de 17 heures.







3.10.2014

le rêve et le document #2



Jour 6
Marche incomparable avec nos déplacements sur le Continent Connu.
Air portant, grande légèreté. Aucune sensation de fatigue.
Ramassé quelques pierres de sable, pour étude - en forme, d’os, d’oiseau, de figurine.


collage : Mathilde Roux (détail)

3.06.2014

Il faudra recommencer. Avec un on, un nous. Nouer - Nolwenn Euzen


Il faudra recommencer. Avec un on, un nous. Nouer.
Apprendre les nœuds, les attaches.
On verra bien par où attraper la lumière, comment tourner autour.
Avec les planches qu'on a encore entre les bras, les bastaings, les chambranles.
Est-ce qu'on peut laisser le dessous dessous pour cette fois ?
Est-ce qu'on peut se passer d'aller creuser dans les mémoires, les vestiges ?
Juste, installer des planchers flottants et puis tendre des fils. Et tirer un rideau.
S'asseoir.

En écoutant n'écoutant pas la mer.

En regardant ne voyant pas les gens qui sont devant.

Est-ce que c'est de la danse, est-ce que c'est du théâtre ?


Il s'agissait de reconstruire la ville détruite.


Tu continues ce geste d'attache.

Comme sur la pierre la mousse. Patiemment. Le lieu fait irruption.

Terre-plein, un rond-point, un carrefour.

Un endroit où.
Se mouvoir et s'émouvoir sont une même chose.

La ville aussi est un protagoniste.


Une ville temps sans raison.


On y œuvre par le milieu.


Une ville temps sans raison.


On y œuvre par le milieu.


Ce qui nous reste

Des rires à enregistrer. Une lecture de (la) nuit. Des villes à détourner. Un recommandé avec accusé de réception non retiré. Des connexions sans filet. Des peurs à faire mijoter à feu doux. Les autres sur qui s'appuyer. Nos respirations. Vos messages sous la ville. Nos bouilles, nos brouilles, nos débrouilles. Les je-nous. Les îles et les ailes.

Un texte continue peut importe lequel, son poids sur chaque syllabe. Est-ce qu'il faut ouvrir ses voyelles, recueillir les consonnes ? Ici des milliers de petits textes, une pluie. Quelques gouttes dans le cou, un filet le long de la colonne.

On ne sait pas si la phrase ira au bout de nous.

Un son à l'intérieur. Tu entends " Tu es comme ma maison. Pourtant les maisons j'aime pas tellement." C'est au cinéma. Un plancher flottant. Et comme une ritournelle " une ville temps sans raison.

On y œuvre par le milieu"

Tu glisses entre.


Des rires à enregistrer. Une lecture de (la) nuit. Des villes à détourner. Des connexions sans filet. Des peurs à faire mijoter à feu doux. Les autres sur qui s'appuyer. Nos respirations. Vos messages sous la ville. Les je-nous. Les îles et les ailes.


Les îles et les aîles. Les pays chauds, ou simplement tes pays tendres. Tes pays pleins de i on ne sait plus d'où vient cette joie. Les îles et les aîles rien ne définit plus.  Les je, les nous, plancher flottant. Un endroit où.


Et tirer un rideau. S'assoir.


Un texte, peut importe lequel pourvu qu'on s'y attache.

"On verra bien par où attraper la lumière, comment tourner autour. "
Est-ce que c'est de la danse ?
Avec les planches qu'on a encore entre les bras, les bastaings, les chambranles.
Nos respirations.

De la voix passée avec. Plus grand chose d'autre qu'écoute. Silence. Un endroit où. 


Tu continues ce geste.

Avec les planches qu'on a encore entre les bras, les bastaings, les chambranles.
Avec un on, un nous. Nouer.
On verra bien.
En regardant ne voyant pas les gens qui sont devant.
En écoutant n'écoutant pas la mer.



















Nolwenn Euzen - mars 2014


Pour ce Vase Communicant de mars, nous avons décidé de nous inspirer chacune du blog de l'autre. J'ai plongé dans la Grande Menuiserie de Nolwenn Euzen, lu et écouté ses mots, ses images. C'est toute une fabrique, avec croquis, carnets, raccords et plans. Une fabrique d'écriture foisonnante. Beaucoup aimé ses Happening(s) et ses Dialogues des Latitudes, cette façon de s'adresser à l'autre, des Tu très beaux. "Sitôt que tu poses un mot dans sa douceur tranquille, tu le rattrapes pour qu’il t’appartienne un peu".
/ Mon texte là-bas
Et ici :

"Something is happening", vases avec Nolwen Euzen, mars 2014

Something is happening
On prend ça pour une expérience
On prend ça pour de l’écriture
On donne ça
Est ce que tu comprends ?
Something is happening, alors là
but you don’t know what it is
Et pourtant tu comprends
La part de moi subite qui se met en mouvement sans contrôle
Une autre la rattrape lentement
Tu comprends qu’il faut une certaine dose de silence, un creux bien installé
Il faut une retraite qui soit de tous les jours
Il faut passer l’ennui, passer l’envie, passer tout ce qui passe
Garder le reste - c’est de l’après qu’il faut
On fait avec les rêves aussi, avec tout ce qui nous tombe sous la main
(elle fait un pas et hop) (disparue dans l’eau) (je me précipite pour la repêcher)
(c’est sûrement trop tard) je me réveille
On se réveille et on garde bien l’obscurité à l’intérieur de soi
Et on garde bien l’inexpliqué
On fait avec les forêts aussi
À Paimpont, une semaine, on a marché dans la forêt, des jours sombres, la nuit on en rêvait
C’était il y a 20 ans peut être
On fait avec tout ce qui nous tombe sous la main
Quand je dis on, c’est l’on du corps, celui de l’expérience commune
C’est très concret
On garde ça à l’intérieur de soi, pour après
Après le rêve, après l’après, à l’aube
À l’aube donc, on entre dans sa petite menuiserie, au milieu de la forêt
On entre dans ce qu’on a commencé à poncer la veille
On passe le bras sur les copeaux
On s’en met partout
Dans la lumière maigre (on n’allume pas) on s’attache, on s’attelle
On abat, on absorbe, on gaspille, on consume, on crève, on dépense, on dilapide, on fatigue, on vide, on épuise
Dans sa petite menuiserie, on travaille à épuiser quelque chose en soi
On cherche un endroit où aller depuis toujours, tu comprends ?
Depuis toujours on cherche un endroit où aller et puis on ouvre cette porte
Il y a des bois de cerfs et un bloc de sable qui tient debout
Résistance du talus, consolation des grands espaces
Something is happening, oh, presque rien
Un horizon pour border mon cœur
une consolation
(elle prend sa main)
On recommence toujours tout
On accumule les brouillons – comprenne qui pourra — les brouillons, les ratures, les gageures
On croit fermement que c’est ainsi que quelque chose viendra (si quelque chose doit venir)
Arrivera (si quelque chose peut arriver)
Happen, Happening
Tiendra, un instant dans l’instant, dessaisi
Tu aspires un filet d’air pour réussir à t’immobiliser
Tu comprends
Et tu ne bouges pas
Merci, pour cette immobilité.

VG

3.04.2014

le rêve et le document #1




Territoire Un - 1er Jour
Notre point de départ. Parcouru quelques rues. Maisons basses. Rares autochtones. Leurs vêtements, couleur sable ou papier, se fondent dans le paysage. S’il n’y avait partout cette poussière, on croirait une banquise. Or c’est un banc de sable sédimenté, solide. Vent nul, érosion infime. 

collage : Mathilde Roux (détail)