1.20.2026
Recours à la nuit
5.29.2025
Rêvé que je traversais la ville de nuit
1.24.2025
En ce moment j'écris des lettres-océan
En ce moment j'écris des lettres-océan, j'envoie des bouteilles à la mer. Cette suite de centons commencée il y a plusieurs années, je l'ai régulièrement mise en retrait pour accueillir d'autres projets d’écriture. Lâcher, oublier, ne pas user. En réalité je crois que la poésie, pour moi, c'est cela : ce qui traverse le temps. Une durée. Ni une expression, ni un chant, ni même un cri, mais une matière à habiter. Une façon d’échafauder quelque chose en laissant du jeu entre les morceaux. Des poignées, des ouvertures, la trame des jours. Une habitation dont la précarité, paradoxalement, serait un gage de fiabilité. La poésie doit tenir. Mais elle doit tenir en ayant toujours l'air de commencer, de se recommencer. Elle doit savoir marcher sur un fil. Et si le monde change, continuer d'en découdre, affiner sa tension, poursuivre son mouvement d’équilibre. Son inactualité me rassure. Tout de même, pour ne pas perdre ce fil, au bout du bout des pages, j’ai fixé deux mots en italiques, flottement et adresse. Deux mots pour retenir l’idée d’une conversation par-delà un vide, un espace à traverser, une absence de terre. Ni poèmes pour combler la distance. Ni poèmes pour s'ancrer. Mais pour faire de cette distance irréductible une forme d'approche. Pour faire de ce mouvement, une façon de demeurer. Deux mots, comme un très petit mémo. Je ne sais si ça aide.
1.07.2025
Je voudrais continuer de fréquenter la nuit de près
3.27.2024
Penser l'en cours, les chantiers ouverts
2.27.2024
Tout un mois de janvier
Tout un mois de janvier à Dunkerque pour plonger dans l’écriture, dans la grande chambre d'écriture où la lumière glisse d’une fenêtre à l’autre, où nuit et jour, sommeil et rêves peuvent se mêler mieux, emplir le même volume. Une chambre blanche comme une page. Elle m'engage dans le récit du jour quand il fuit, quand il revient, et de ce qui se passe dans cet entre-temps, aubes et crépuscules, nuits et rêves. Celui-ci : nous visitons une grande maison circulaire en construction où seule une petite chambre est parfaitement finie, et précieuse. Je l'associe au texte en chantier. Et encore celui-ci : je suis dans une grotte comme dans une cachette, tapie dans un repli étroit avec vue sur la campagne en contrebas. Rêves d’habitation, au sens plein d'habiter, c'est-à-dire de se laisser atteindre par ce qui nous entoure. En résidence, une part du travail consiste justement à cela. Se laisser atteindre. Il me semble que c'est pour cette dé-familiarisation qu'on part. Un dépaysement exercé d'abord sur soi-même pour devenir cette personne poreuse, un peu flottante, allégée du quotidien, lestée par un désir d’écriture. Les derniers soirs sont venus des rêves de portes battantes et de courants d’air. Franchissements moins agréables. Il était temps de rentrer. Je ne pouvais plus ajourner ce rendez-vous médical que je repoussais, à l'issue duquel, dans la "salle de réveil" consécutive à l'anesthésie générale, je me revois tapotant sur mes paupières, d’un index puis de l’autre, comme sur un clavier. Et tandis qu'une voix me demandait ce que je faisais avec mes yeux, je m'entendais répondre : "j’écris, je prends des notes".
11.29.2023
Écrire pour penser ce qui se trame
11.07.2023
Ateliers à Carpentras
9.19.2023
Ils semblent loin les kilomètres
9.04.2023
En montant dans la vallée de l'Elqui
7.31.2023
Visiter le Museo de los artes precolombiano
Santiago, Chile
6.29.2023
Et donc, ils sont revenus
6.22.2023
Pause
6.06.2023
Démarrer lentement
5.31.2023
C’est une construction comme j’aime
4.28.2023
Entrer dans l’écriture
4.14.2023
Et parfois il n’y a que cet espace
4.05.2023
Il y a, il y a, il y a
Il y a, il y a, il y a chaque jour le temps compté. Il y a ce week-end passé dans le jardin. Ce qui s’y construit au fil des années. Et ce qui s’y rejoue à chaque saison. Les journées y sont si pleines que j’entrevois chaque fois la possibilité que cela soit suffisant pour nourrir une vie complète. Mais ce serait trop simple, bien sûr. Il y a ce grand chantier de candidature qui barre toute la semaine et me cloue assise devant l’écran, le dos brûlant. Il y a ce texte inachevable, qui m’oblige depuis des mois à chercher encore, à chercher plus fort — qui me demande plus que ce que je peux donner, repousse chaque fois plus loin quelque chose, mais quoi, exige l’impossible : poursuivre — l’impossible : arrêter. Un texte piège, j’y suis prise, s’y déprendre, l’envoyer.