Recours à la nuit paraitra dans quelques jours. Ce texte façonne à nouveau une totalité par fragments, travaille des motifs sous forme de constellations. J'y ai réinvesti mon projet "d'enquête poétique" comme façon d'articuler une écriture de l'expérience et des faits de langage ; de mêler des modes discursifs ; d'investir à la fois un espace géographique, politique et poétique. Il donne une large place aux paroles recueillies. J'espère qu'il trouvera son chemin vers les lecteurs. La semaine d'après nous aurons dans les mains le carnet de recherche et la carte sensible de « Territoires Communs ». Fin de plusieurs grands projets, de moments vécus, individuels et collectifs, qu’il sera bon d’accompagner. L’automne a été chargé. Les cours à Cergy commencent à s’espacer. Une tension s’apaise tout juste. Je dessine un peu mais ce sont des essais, des tâtonnements ou le développement de séries en cours. J'aurais aimé travailler sur des grands formats, plonger dans un nouveau chantier, je n'en ai pas la force. Dessiner est un bon geste pour vider, forcer le ralentissement, désencombrer l’esprit de toutes les scories de choses à faire, à penser, à organiser, d'accumulations de tâches et de messages numériques, de post-it sur la table de travail. Besoin de me réapproprier mes jours, vider, déplier, dé-comprimer. Chère année 2026, je te rêve marches, lectures, contemplation, écoute et participation. Je te rêve pleine vie. Je ferme les yeux sur ce qui fait peser sur nous des tonnes de plomb et les ouvre sur ce qui est là, autour, ce que je peux toucher et considérer — une forme traversée par les bruissements du vivant depuis laquelle réouvrir un espace de désir, de pensée, d’écriture. Je viens de terminer de lire le très bel essai de Christine Marcandier sur l'écopoétique (PUV, 2025). Dans quelques mois, je serai à l’IMEC, à Caen, je mesure à quel point ces moments de résidence sont des cadeaux précieux.