3.23.2020

J’ai traversé le Doghing

#4

J’ai traversé le Doghing
passé le Haihai
franchi le Taihu
comme le poisson dans le courant de la rivière
tous les jours quantité de mouvements se pressaient à ma vue 
surtout des plus sauvages

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3.22.2020

Je ne m’accroche à rien

#2

Je ne m’accroche à rien de ce qui traverse la nuit
quelqu’un dort peut-être
quelqu’un pense à sauver sa peau 
quelqu’un demande, comment les gens d’ici gagnent-t-ils leur vie ?
ou, qu’y a-t-il au bout de ce magnifique canyon ?
je ne sais pas où nous allons, je ne pense pas l’avoir su 
et si nous n’allions pas quelque part, nous n’y allions pas
et voilà tout


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Je me lève tôt

#3

Je me lève tôt et m’envole pour Manhattan acheté aux Algonquins 24 dollars avant l'invention de l'Amérique
Je me lève tôt et m'envole puis tout recommence par n’importe quel point de la ligne de fuite
Je me lève tôt puis tout recommence par n’importe quel point où je me tiens

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3.21.2020

Du dedans au dehors

#19

Je me réveille suspendu aux branches
nuages à portée de mains
et les saisons
et l’horizon indien
et les fragilités immenses de la mer
bâties pour durer.

(très bien ici,
toujours lentement)

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Ici tout bouge


Ici tout bouge
cette lumière qui change tout le temps
je m’étais perdu 
ne reviendrai plus 
alors fous-moi la paix avec tes paysages
parle-moi plutôt du sous-sol.

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2.10.2020

Les Déprises est un projet poétique en émergence qui s’inscrit dans la continuité d’une expérience de plusieurs séjours sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, en Loire Atlantique ces dernières années. 
Il fait pendant à un récit de déplacement (Vers les terres vaguesqui interroge notre relation au territoire et la mise en place de nouvelles formes de communauté de vie
L’écriture des Déprises est donc, à l’origine, le “débord” de ce récit, un débord poétique — ce qui, cherchant à se dire, ne pouvait pourtant pas s’écrire dans l’espace plus narratif et documenté du récit.

Dix premières strophes ont fait l’objet d’une lecture dans le cadre du festival poétique « Seconda », à Paris du 25 au 27 janvier 2019. Elles ont ensuite été publiées dans les Cahiers de la revue numérique "Hors-Sol".



























> La lecture sur le site de la revue REMUE
> Les premières strophes dans la revue HORS-SOL


"Les Déprises" a bénéficié d'une aide à la création de la commission poésie du CNL