1.18.2012

“Les Sédiments”, chutes#1





"Fractions partout, des collisions, morceaux épars bout à bout ou devant derrière. Désordre des configurations plus ou moins sombres ou claires ou saturées de lumière. Vertige, des impressions trop nettes, des particules soudées grain à grain dans la masse, impossible à rompre. On ne peut pas creuser avec le doigt non plus. S'enfoncer plus avant dans l'inspection des surfaces lissées ou martelées ou piquetées et ce qui les séparent. Des angles définitifs, des lignes d'achèvement, des fossés que ne soulage aucune absence de matière au contraire. Démultiplication des faces à revers, jointures idem pas de trou. Des lignes de faille à considérer jusqu'au bout, entre les broches des agrafes, ressaisissement du solide sous forme de pansements métalliques fichés en travers du passage, des obstacles à répétition. Charnières chevilles gonds verrous anneaux crochets tiges enfoncées pour retenir pendre fixer supporter sertir insérer. Crocheter tordre pressentir la flamme, forge âge de fer maillets et marteaux. Lourdeur des parties primitives revêches aux épousailles. Dilutions des alliages, composites, granulats, molécules qui se resserrent, se figent en une disposition calculée. Piliers, poteaux piquets grilles barres câbles tréfilés, effilés, filetés. Sans compter extraction des huiles, nappage des substances en surface, alchimie, solidification de ce qui affleure, a vu le jour. Sans compter remontée des roches arasées, étrangères aux formations souterraines qui les ont engendrées, des soupçons de mica, de quartz, d'azurite à l'aube et encore. Lointains souvenirs des carrières dans l'émail. Aboutissement des silicates en vitres trompe-l'œil, les parois sans existence, intouchables plutôt que translucidité, demi-jour, surfaces laiteuses à peine nées des antres. Inépuisables matières. Sans compter les espaces, toutes choses ensembles bougeant sur elles-même en une réserve de débattements et d'amplitudes En plus du reste des dedans insoupçonnés, en nombre proportionné, inouï, sans fin, problématique. Continuité des parois s'ouvrant etc., des écarts. Des écarts plein à craquer, des changements de direction jusqu'à l'absurde. L'absurde continuité des choses formant espace sans fin donc, précipitées ou encastrées, ou ayant glissées l'une sur l'autre, colmatées. Des alignements s'engendrant monstrueux, multipliés par plus de fois que l'œil n'en peut compter. Défilé d'ombres organisé par les hauteurs triomphantes, cherchant bas leurs assises. Meulières massées en attroupement, accolades, adossements, l'importance du nombre, du poids, de l'occupation des sols. Des parallélépipèdes en plans inclinés, lignes de fuite obliquant vers des horizons purement mathématiques, des segments, des axes, des projections dans l'azur. Des suites de droites soumises par les gouffres où ce qui ne se tient plus en surface se relie au-dessous en un enchevêtrement annelé qui plonge, ressort en déviations, confondu-dissocié. Pompe, déjections, nourriture, battement des cœurs innombrables et spasmes peut être, imprévus. Il n'y a pas de périphérie, ni la nuit d'extinction. Les signes muets s'articulent entre eux, clignotent, s'ouvrent se ferment. Fleurs lumineuses, tâches, feux follets, sirènes, meutes, bruit de cascade, chant d'engoulevent, une fin quelques part sûrement il faut bien que quelque chose finisse."


Aucun commentaire:

Publier un commentaire