1.28.2015

Tisser cela

/ En résidence avec l'association L'esprit du lieu, au lac de Grand-Lieu (44)
http://carnetderesidence.blogspot.fr/

Il ne s'agit pas de re dessiner ce qui a déjà été saisi une première fois, rapidement, très intensément, dans le paysage. Trait qui n'est pas à refaire. Qui raconte tel quel le moment de l'apparition du sujet, du dialogue avec le sujet. S'arrête quand ça ne discute plus avec le motif. Quand ça sort du lien, du contact. Trait issu de la posture, de l'attention, du souffle. Cet abrupt qui ne se refait pas. 
Il s'agit de voir. De passer du temps à regarder ce que l'on a fait dans l'instant. Tisser cela, qui prend sens peu à peu, en même temps que l'écriture. Qui se raconte par accumulation. Qui, par l'accumulation, n'est plus simplement sujet devant soi, mais paysage arpenté, vécu, dans lequel le corps et le regard sont pris.

Fabriquer ce nid que l'adolescent tisse avec des feuillages. 

S'enfoncer dans l'épaisseur des herbes le temps d'une course.

Marquer le nombre de fois où le regard s'est porté sur la ligne ondulante des saules.

Tenter une fois de plus de " saisir cette dispersion où nous sommes" (Virginia Woolf)
dont nous ne sommes pas séparés il me semble.


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