4.12.2017

J9 Collection de chemins

J9 — Chemin de terre, les pierres lissées par nos suites de pas. Chemin sur les épines,  entre les troncs de pins et les chants d'oiseaux. J'associe les cordes à nœud des racines que j'enjambe et les muscles qui se nouent dans mon mollet gauche. Chemin moelleux au milieu des chaumes, que je tutoie. Maquis d'ombelles, je me retourne pour te voir sous toutes les coutures et ralentir le temps de te dépasser. À la fin de la journée j'en ai eu tant, j'en ai eu trop et pas assez, au moment de fermer les yeux, j'aspire encore à retracer tes  lignes fines. 
#Marchécrire

 ... Licence Creative Commons VirginieGautier - journal de la thèse, Recherche & Création littéraire, Université de Cergy-Pontoise, laboratoire AGORA, 2016 - Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

2 commentaires:

  1. L’homme est un animal, et comme tout animal, il laisse des traces en marchant.
    Indices dans la neige, dans le sable, dans la boue, l’herbe, la rosée, la terre, la mousse – Le vocabulaire de la chasse a un mot lumineux pour dire ces traces, le mot foil – le foil de l’être chassé est sa piste empreintée.
    Nous oublions facilement que nous sommes des faiseurs d’empreintes car la plupart de nos trajets se font maintenant sur le bitume et sur l’asphalte – sur ces supports on ne laisse pas facilement sa marque. Il est donc vrai qu’une fois qu’on a commencé à le remarquer, un paysage est toujours tramé par les sentiers et les chemins – tantôt dans l’ombre du réseau des routes modernes, tantôt les longeant ou les transperçant. Chemins de pelerins, voies vertes, voies romaines, chemins frayés, chemins battus, chemins piétinés, chemins sans âge, digues, fausses pistes, chemins de farfadets, coupe-gorges – dites le à voix haute, dites le vite et cela devient un poème, une incantation – chemins creux, chemins dérobés, chemins obscurs, routes de moutons, sentiers des renards, pistes équestres, chemins parallèles, chemins défoncés, sillons, chaussées, chemins sans fin.
    (R Macfarlane, The old ways, p. 13) traduction réalisée par un groupe d'étudiants des Beaux-Arts de Quimper lors d'un séjour à Ouessant en mars dernier

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  2. Fantastique ! C'est vrai qu'il n'est pas traduit en français, il y aurait travail à poursuivre. Bravo aux étudiants (et à leurs professeurs)

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