#42
En rêve rien
que la vie brute
le sang qui pulse
tout ce qu’on voit
les couleurs précipitées
les mensonges peints sur des panneaux
choses qui sont là émues et fraiches et que l’œil
croit comprendre — ou bien
on retrouve des amis
pour dîner dans des salles basses
avec des étagères pleines de livres
et de bocaux et les bras chargés
de boites d’œufs
et la solidité des maisons
et le goût persistant de ce qui est mangé
Pendant tout ce temps : les rythmes, les scansions
des bruits d’objets qu’on déplace
des tonnes de souvenirs
s’assemblent facilement
pourvu qu’ils soient
battants et fragiles
et leur poids pesant
comme une respiration
un continent vieux : le pont du navire de la terre.
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