1.14.2025

En rêve rien


#42

En rêve rien 
que la vie brute
le sang qui pulse
tout ce qu’on voit
les couleurs précipitées
les mensonges peints sur des panneaux
choses qui sont là émues et fraiches et que l’œil 
croit comprendre — ou bien 
on retrouve des amis 
pour dîner dans des salles basses
avec des étagères pleines de livres 
et de bocaux et les bras chargés
de boites d’œufs
et la solidité des maisons
et le goût persistant de ce qui est mangé 
Pendant tout ce temps : les rythmes, les scansions
des bruits d’objets qu’on déplace
des tonnes de souvenirs
s’assemblent facilement
pourvu qu’ils soient
battants et fragiles
et leur poids pesant 
comme une respiration 
un continent vieux : le pont du navire de la terre.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire