3.27.2024
Penser l'en cours, les chantiers ouverts
3.03.2024
Le tissu, la valise, le seau
Le tissu, la valise, le seau, l’herbe
le couteau dans l’herbe
le fil du couteau au-dessus du ruisseau à sec
où claquent les fruits tombés de l’arbre
loi de l’illusion, les rêves
font des bruits de fond
des bruits de fleuve.
2.27.2024
Tout un mois de janvier
Tout un mois de janvier à Dunkerque pour plonger dans l’écriture, dans la grande chambre d'écriture où la lumière glisse d’une fenêtre à l’autre, où nuit et jour, sommeil et rêves peuvent se mêler mieux, emplir le même volume. Une chambre blanche comme une page. Elle m'engage dans le récit du jour quand il fuit, quand il revient, et de ce qui se passe dans cet entre-temps, aubes et crépuscules, nuits et rêves. Celui-ci : nous visitons une grande maison circulaire en construction où seule une petite chambre est parfaitement finie, et précieuse. Je l'associe au texte en chantier. Et encore celui-ci : je suis dans une grotte comme dans une cachette, tapie dans un repli étroit avec vue sur la campagne en contrebas. Rêves d’habitation, au sens plein d'habiter, c'est-à-dire de se laisser atteindre par ce qui nous entoure. En résidence, une part du travail consiste justement à cela. Se laisser atteindre. Il me semble que c'est pour cette dé-familiarisation qu'on part. Un dépaysement exercé d'abord sur soi-même pour devenir cette personne poreuse, un peu flottante, allégée du quotidien, lestée par un désir d’écriture. Les derniers soirs sont venus des rêves de portes battantes et de courants d’air. Franchissements moins agréables. Il était temps de rentrer. Je ne pouvais plus ajourner ce rendez-vous médical que je repoussais, à l'issue duquel, dans la "salle de réveil" consécutive à l'anesthésie générale, je me revois tapotant sur mes paupières, d’un index puis de l’autre, comme sur un clavier. Et tandis qu'une voix me demandait ce que je faisais avec mes yeux, je m'entendais répondre : "j’écris, je prends des notes".
2.25.2024
Vois quand la rivière s’avance ainsi
Vois, quand la rivière s’avance ainsi
et s’agite, les enfants se mettent à vibrer
comme traversés eux-mêmes de courants
Confluent de courants
on ne peut plus ouvrir sa fenêtre
sans avoir envie de pleurer.
2.15.2024
Chaque fois que je m’éloigne
#23
je me souviens que tout bouge
nage, fuit, se défait, se recompose dans une lumière dorée
La terre : nuée, théâtre d’eau, chambre d’écho du ciel sous mes pieds
2.10.2024
Cruauté le soleil
(en route)
Cruauté le soleil
des minutes de
cendres sur la
langue
face contre
terre calcinée
voix rugueuses
qui se plaignent
des bruits
du feu
de tous les désastres
ce dégoût déjà
est une fin sans
fin, une sorte
de fuite.